11.05.2012

La présidente des Grands-mères de la place de mai en conférence à Paris

estella carlotto.jpgCe lundi 14 mai à 16h30, à l'institut des Amériques, Estela Carlotto, l'emblématique présidente des grands-mères de la place de mai donnera une conférence sur le thème :

"La situation des droits de l'homme en Argentine. Passé et présent".

Pour les Parisiens, voilà une occasion d'écouter une personnalité incontournable de la scène des droits de l'homme en Argentine !

Contact : Diana Quattrochi-Woisson - dwoisson@u-paris10.fr

10.05.2012

L’Argentine signe une vraie avancée en matière de droits des transsexuels

Conservatrice sur bien des sujets, en particulier sur l’avortement qui n’est toujours pas légal, l’Argentine se montre toutefois bien plus progressiste, en ce qui concerne les droits des communautés gay et transsexuelle.

senat argentin.jpgIl y a 2 ans déjà, elle avait été le premier pays d’Amérique latine à reconnaître le mariage homosexuel. Hier, une nouvelle avancée significative a été votée, à travers l’approbation par le Sénat d’une loi sur l’ « identité du genre ». Désormais, toute personne née de sexe féminin ou masculin pourra demander un changement auprès de l’administration, pour l’établissement de nouveaux papiers conforme à son identité sexuelle. Par ailleurs, les opérations chirurgicales conduisant au changement de sexe seront désormais possibles, sans demande d’autorisation préalable à la justice.

Il est à noter que le Sénat a également ratifié hier une loi sur la « mort digne » : désormais les patients en phase terminale pourront choisir de poursuivre ou non les traitements thérapeutiques.

>  en savoir plus sur la « ley de identidad de genero »

ley de identidad de genero.jpg

07.04.2012

Argentine: rêve d’autarcie ou navire qui prend l’eau ?

Le vendredi 30 mars, l’Union Européenne, les Etats-Unis et 12 autres pays ont déposé une plainte contre l’Argentine à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), contre les mesures liées aux limitations d’importations. L’Argentine a aussitôt réagi avec un communiqué à l’encontre de ces pays : "Ils souhaiteraient que nous absorbions la crise dont ils souffrent". Encore une fois, le gouvernement Kirchner ne fait pas dans la demi-mesure.

Si de nombreux pays (y compris les pays ayant déposé la plainte) renforcent les mesures de protection de leur industrie nationale dans un contexte de crise, l’Argentine va toutefois beaucoup plus loin. Devant l’OMC, l’Argentine s’est défendue avec 3 arguments :

  1. La politique commerciale actuelle n’est pas en infraction avec les règles de l’OMC (ce qui reste à prouver !) ;
  2. Les importations en 2011 ont sensiblement augmenté et ce pour toutes les provenances
  3. L’Argentine défend son droit à mener une politique de développement.

Le cœur du problème vient des limitations d’importation extrêmement sévères depuis la mise en place de la Declaracion Jurada Anticipada le 1er février 2012. L’objectif argentin : faire cesser la sortie de devises du pays.

De fait, aujourd’hui acheter des produits importés devient une gageure !

Plusieurs boutiques d’entreprises étrangères ont dû fermer leurs portes, comme Calvin Klein Underwear

limitations, importations, Argentine, OMC, WTO, Declaracion jurada anticipada, protectionnisme, autarcie, livresAutre effet délirant : la fin annoncée de l’importation des livres ! La mesure a provoqué un tollé du monde universitaire et une rebellion très virulente sur facebook et a été rapidement retirée. Toutefois dans les faits, l’Argentine a mis en place une nouvelle norme freinant l’importation de livres, majoritairement en provenance d’Espagne, en raison du problème sanitaire posé par l’encre de certains livres, qui contiendraient du plomb… Délire, on vous le dit ! Et la culture dans tout ça ? Elle l’a dans le baba !

 

Le secrétaire à la culture Jorge Coscia s’est d’ailleurs fait remarquer en affirmant que le gouvernement avait la souveraineté culturelle sur ce qui s’édite ou non 

 

Les effets de ces mesures anti-importations sont par ailleurs très négatifs sur l’industrie argentine même, qui ne peut plus s’approvisionner en machines-outils nécessaires notamment pour l’agriculture ; ou pour certaines industries qui ne peuvent se procurer les pièces indispensables au montage de certains produits !

Les Argentins désormais n’hésitent pas à aller faire leurs courses en Uruguay ou au Brésil, notamment pour tout le petit électro-ménager, les produits « technologiques » (Iphone, routeurs wifi, etc.) ainsi que pour les cosmétiques.

Les mesures à l’emporte-pièce du gouvernement Kirchner traduisent la situation économique et budgétaire extrêmement délicate que traverse le pays. Mais une chose est sûre, elles ne font que colmater des brèches, sans prendre compte du fait que derrière, le fleuve gronde de plus en plus…