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16/11/2015

Le débat présidentiel argentin tourne en faveur de Macri

Une minute de silence pour les victimes des attentats de Paris, ainsi s’ouvre le débat présidentiel argentin ce soir. Face à face, le candidat du Front pour la Victoire, Daniel SCIOLI (dauphin de Cristina Kirchner) et le candidat de Cambiemos, Mauricio MACRI. Une certaine tension est bien sûr palpable à l’université de droit où se tient ce débat, constamment qualifié d’historique, puisque c’est la première fois de l’histoire argentine que l’élection présidentielle se définira au 2nd tour.

Ce soir, il se pourrait bien que Mauricio Macri ait marqué les esprits, face à un Daniel Scioli semblant beaucoup plus tendu et moins préparé dans ses réponses.

Débat présidentiel ballotage Argentine.jpg


Le style des candidats

Mauricio Macri opte pour un style décontracté, en interpelant son adversaire directement par son prénom, tandis qu’il prenait directement à partie le téléspectateur en le tutoyant à travers ses différentes propositions. Tout au long du débat, l’ancien maire de Buenos Aires cherche à s’imposer comme le vrai représentant du changement, de l’espoir de la construction d’un nouveau pays, et en dénonçant la « continuité » représentée par Daniel Scioli.

L’une des constantes du discours de Macri a également été de signaler les mensonges non seulement du gouvernement Kirchner, mais aussi de l’équipe de campagne de Scioli, qui aurait mis en place une campagne de la peur (notamment à travers #SiGanaMacri).

Parallèlement, le candidat Macri a insisté sur ses prédispositions à écouter les propositions de Scioli et à construire ensemble le futur argentin… tout en s’amusant de l’habitude de Daniel Scioli de ne jamais répondre directement aux questions.

 

Daniel Scioli avait opté quant à lui pour un style plus offensif, en ne s’adressant à son adversaire que par son nom de famille. S’adressant parfois directement aux téléspectateurs, il s’est surtout attaché à représenter « les travailleurs, les humbles, les étudiants, les retraités, les petites entreprises », ceux qui allaient souffrir… si gana Macri.

Ici, il n’est question d’aucune main tendue, d’aucun programme commun, mais bien de deux façons très distinctes de gouverner le pays. Daniel Scioli a directement parlé du « danger » représenté par l’arrivée de Cambiemos au pouvoir.

Daniel Scioli s’est par ailleurs constamment désengagé du gouvernement actuel, en refusant de répondre aux questions de Macri sur les agissements de certaines personnalités kirchnéristes. Le gouvernement de Scioli sera un nouveau gouvernement, ce fut un leitmotiv constant de l’ancien gouverneur de la Province de Buenos Aires.

A souligner la référence à deux reprises au Pape François, qui sans doute n’a pas été consulté ;-)

 

Les programmes annoncés par les deux candidats

4 grands thèmes ont été soumis aux candidats, qui avaient en tout 12 minutes pour débattre sur chacun d’eux (bien court pour des thèmes aussi complexes !!) :

  • Développement économique et humain
  • Éducation et enfance
  • Sécurité
  • Renforcement démocratique

 

 

Ce que Macri a promis :

Une société plus sûre, en matière de santé, d’éducation publique, d’emploi.

Objectif : pauvreté 0.

1ere action : 2 millions de postes durant la prochaine décennie, notamment en soutenant les PME

Développer les infrastructures

Plan « Primer empleo » : appuyer le travail « en blanc »

Plan « premiers mois » pour accompagner les familles avec des bébés

Un système éducatif qui permette de former les jeunes aux emplois de demain.

Des professeurs bien payés, et constamment formés.

Meilleure éducation publique de toute l’Amérique latine est l’objectif de l’équipe de Macri

Projet d’« agence de lutte contre le crime organisé »

Professionnaliser les forces policières. Travailler en réseau avec tous les pays touchés par le narcotrafic

En terme de renforcement démocratique, l’objectif est de former la meilleure équipe pour le pays. Améliorer la qualité démocratique, avec un système + transparent (bulletin électronique).

Parvenir à une justice indépendante

Créer un Etat au service des gens, un Etat qui est partenaire du secteur privé 

Plan Belgrano pour le nord argentin : connecter le nord avec le sud du pays.

 

Ce que dénonce Macri :

  • Des gouvernements kirchnéristes qui ont constamment dévalué la monnaie depuis 8 ans 
  • Le niveau d’ « abandon » dans les hôpitaux publics, notamment dans la province de Buenos Aires (que dirigeait Scioli)
  • L’absence d’action du gouvernement de la province de Buenos Aires contre le développement du paco (la drogue la plus répandue)
  • 10 ans d’inactions des gouvernements kirchnéristes pour lutter contre.

 

 

 

Ce que dénonce Scioli :

La mégadévaluation à venir, les risques de privatisations, l’endettement sur lequel va se développer le pays… Autrement dit toutes les avancées du gouvernement kirchnériste, en terme de souveraineté nationale et internationale , grâce à la nationalisation de grandes entreprises (YPF, Aerolineas Argentinas…) et à une opposition ferme face aux fonds vautours et au FMI.

Le libre-échange et la politique néolibérale de Macri vont directement nuire aux classes moyennes argentines :

  • Les salaires vont baisser
  • Les PME vont souffrir de l’ouverture économique ;
  • Les subventions vont être supprimées ;
  • Les entreprises étrangères vont être privilégiées
  • Les ajustements pratiqués

Par ailleurs, la politique de Macri conduirait à un fort développement des inégalités, dont la conséquence serait le développement de la criminalité et de l’insécurité.

Macri n’a jamais été capable de régler le problème des trapitos, comment pourrait-il régler le problème de la drogue ?

 

Ce que promet Scioli :

Un Etat fort qui conduit au développement économique, en particulier en soutenant les économies régionales.

Un Etat qui vise avant tout l’inclusion sociale, en défendant constamment :

  • L’éducation publique
  • La protection de l’enfance
  • Le développement des sciences et technologies au niveau national

Autres promesses de Scioli :

  • Tolerance 0 pour le narcotrafic > forces armées et forces de sécurité travaillant avec les derniers développements technologiques pour lutter contre le narcotrafic
  • Ordre, légalité et autorité au service de la sécurité

 

Les conclusions des deux candidats

Macri  met en avant sa « passion pour le faire », en faisant référence à BOCA (dont il a été président) et à la ville (dont il a été maire). « Nous sommes sur le point de réaliser quelque chose de merveilleux. Nous allons travailler ensemble et réaliser l’Argentine que nous rêvons. Nous devons apprendre de nos erreurs, un président qui parle moins et fait plus. »

De son côté, Scioli se fait le chantre de la responsabilité : « J’interprète très bien les familles argentines. Aujourd’hui il faut opter pour un chemin vers l’avant ;  je dois défendre nos compagnons travailleurs, garantir le maintien des subventions, et surtout ne pas se mettre à nouveau à genoux devant les fonds vautours et le FMI » ou avoir u

 

Les premières tendances post-débat

Le débat a généré 1,8 millions de tweets -#ArgentinaDebate (pendant l’heure et demie qu’il a duré). Selon les enquêtes qui ont fait directement suite au débat, c’est Mauricio Macri qui a très largement dominé le débat.

Une analyse rapide permet dans tous les cas de dire que Macri a mieux su présenter son programme, tandis que Scioli ne parvenait jamais à mettre le candidat d’opposition en porte-à-faux, notamment sur son programme économique. Quant au programme propre de Scioli, il est malheureusement très peu ressorti, se situant dans la continuité du kirchnérisme en tentant pourtant de ne pas y être identifié…

 

Il reste donc une semaine avant de savoir comment la population argentine va trancher.

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