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05/04/2016

Et au milieu des Panama Papers, Macri

Alors voilà, Macri figure dans les Panama Papers. Ca fait tâche, surtout quand les dirigeants en poste que l’on côtoie au sein de ces petits papiers, sont le roi d’Arabie Saoudite, le président ukrainien, le président des Emirats Arabes Unis, l’ancien président du Soudan… bref, autant de dirigeants de pays peu connus pour leur démocratie, leur respect des droits de l’homme, et la redistribution de leurs richesses (notion qui, il est vrai, semble devenir de plus en plus rare). Seul le premier ministre islandais pouvait faire figure de personne « présentable » dans cette liste, mais il se trouve qu’il a dès hier démissionné.

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Source illustration : ICIJ


Panama Papers : quelles conséquences pour Macri ?

Va-t-on faire le procès de Macri ? Sa présidence est-elle en jeu du fait de la mention de son nom dans ces révélations liées aux paradis fiscaux ? Non, sans aucun doute. Selon Macri, la société où il apparaît comme directeur, n’a jamais fonctionné (elle devait intervenir dans un business au Brésil qui ne s’est pas concrétisé), de plus Macri a vite fait de rappeler que c’est son père qui gérait tout cela, et pas lui. Bon, OK, le scandale n’est peut-être pas si scandaleux. Mais tout de même. C’est gênant. Quand on s’est fait élire en brandissant notamment le drapeau de la lutte contre la corruption, on a intérêt à être propre, et pas seulement en façade !

Or voir son nom rattaché à l’argent sale, à la corruption à grande échelle, à l’évasion fiscale, ça ne peut pas faire de bien à l’image du président argentin. Gageons cependant que d’ici quelques mois, ce sera juste un mauvais souvenir pour Mauricio Macri… Les citoyens oublient souvent trop vite.

Au-delà de Macri, les Panama Papers font honte à nos sociétés

Non seulement les paradis fiscaux, tels que Panama, protègent des activités criminelles de grande envergure et se retrouvent ainsi complices de massacres à grande échelle (guerres de la drogue, guerres civiles, etc.), mais ils prouvent aussi l’hypocrisie de nos démocraties et des élites politiques et économiques bien-pensantes.

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Illustration du Süddeutsche Zeitung, destinataire de la fuite de documents

 

Car, en définitive, qui a recours aux sociétés écrans et aux comptes bancaires dans les paradis fiscaux ? Presque toutes les grandes entreprises et riches de ce monde, avec un seul objectif : échapper aux impôts.

Ce que les paradis fiscaux fomentent, c’est l’Inégalité avec un I majuscule, l’inégalité dans toute sa splendeur.

Et qui les aide à cette fin : les banques, les grands cabinets d’avocats internationaux… Les plus grands délinquants, les plus grands escrocs ne sont pas ceux que l’on voit dans les journaux ; ce sont ces dirigeants qui pillent les richesses des pays, ces entreprises qui ne se soumettent pas aux taxes, etc. L’évasion fiscale est un fléau terrible : sans impôts suffisants pour les Etats, pas d’investissement possible, des déficits qui se creusent (donc recours à la dette), pas de redistribution envisageable.

Les Panama Papers viennent une fois de plus mettre le doigt sur un fait désespérant : l’absence de plus en plus forte d’éthique de nos sociétés.

Ces révélations viendront-elles modifier la donne ? On peut l’espérer, même si voilà des années que la société civile dénonce les paradis fiscaux, avec au premier rang Transparency International, CCFD Terre Solidaire ou encore OXFAM.

Ce qu’il faut avant tout, c’est moraliser les systèmes financiers, bancaires et juridiques, à défaut de pouvoir moraliser les hommes…

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