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28/02/2013

Coût de la vie en Argentine en 2013

Début 2013, l’INDEC publiait son rapport sur les prix à la consommation en décembre 2012. Il en ressortait que l’inflation sur un an s’établissait à 10,8 %... Qui l’eut cru ? Les experts privés, une fois n’est pas coutume, présentaient une toute autre vision de l’augmentation des prix. L’inflation 2012 en Argentine aurait tourné selon eux autour de 25%.

Dans la rue, l’opinion se range systématiquement du côté des experts privés, tant l’augmentation des prix est visible au quotidien. Dernière augmentation prévue qui devrait toucher massivement les Porteños : le prix du métro qui est déjà passé en 2012, de 1,25 à 2,50 pesos (rien que ça…) devrait prochainement atteindre 3,5 pesos

Le gouvernement tente de faire face à cette flambée des prix en faisant pression notamment sur les acteurs de la grande consommation. Il y a trois semaines un accord a été passé avec les grandes surfaces, les supermarchés chinois, ainsi que les chaînes d’électroménager pour la « congélation des prix ».

Selon une enquête de Pagina 12 publiée cette semaine, les prix seraient effectivement restés assez stables depuis début février…

 

Prions Benoît XVI que ça dure !
(en Argentine, le mauvais esprit ne tue pas ;-)

Peso contre dollar : sauve qui peut ?

Le dollar « blue » ($ au marché noir) a atteint ces dernières semaines un record historique de 1 pour près 8 pesos Argentins, tandis que le taux officiel se situe à 1 pour 5.

dollar blue, dollar officiel, argentine, dolar blue, inflation, spéculationLa méfiance des Argentins n’a cessé de se renforcer depuis les premières mesures de limitation des changes, mises en œuvre l’année dernière par le gouvernement Kirchner.

Résultat, le peso ne cesse de perdre de sa valeur, les Argentins cherchant à s’en débarrasser le plus rapidement possible, soit via la consommation, soit via la transformation en dollars.

Le marché parallèle du change peut se réjouir… Les transactions vont bon train !


.... Effet collatéral, l’inflation poursuit son envolée.

24/02/2013

En Argentine, les syndicats font tirer sur les défenseurs des ouvriers… (cherchez l’erreur)

On voit son visage sur de nombreux murs de la ville. Et des revendications, des cris de justice. Il s’appelait Mariano Ferreyra, il avait 23 ans. Il est mort en octobre 2010 pour avoir défendu les droits des ouvriers « tertiarisés » travaillant pour les chemins de fer de la ligne Roca, à Buenos Aires.

La mort de ce jeune leader de la Fédération Universitaire de Buenos Aires avait considérablement secoué l’Argentine, et elle ne laisse encore d’aujourd’hui de stupéfier et bouleverser. Jugé actuellement au tribunal de Comodoro Py, l'affaire « Mariano Ferreyra » connaîtra dans les semaines à venir son verdict.

Justice pour Mariano Ferreyra.jpg

Les circonstances de la mort de cet étudiant engagé révèle l’incroyable complexité du système politique et syndical argentin, et jette un jour sordide sur la politique répressive menée par les dirigeants syndicaux, appuyés par la police fédérale.

En octobre 2010, des manifestations commencèrent au sein des chemins de fer d’Avellanada (un quartier de Buenos Aires) pour lutter la tertiarisation de l’emploi. Plutôt que de recruter en interne, les chemins de fer préféraient en effet faire appel à des intérimaires ou des sous-traitants, créant ainsi une forte précarité de l’emploi.

Pour se faire entendre, les manifestants soutenus par le parti ouvrier (Partido obrero) , décidèrent de bloquer les voies. Ceci ne fut pas du goût ni des syndicats ferroviaires - en premier lieu du puissant UF (Union ferroviara), qui n’entendait pas voir remises en cause ses décisions de stratégie de gestion-, ni de l’Etat, qui envoya rapidement la police fédérale contrer les manifestants.

Manifestant avec photo Mariano Ferreyra.jpgLe 20 octobre 2010, alors que Ferreyra manifestait une nouvelle fois aux côtés des ouvriers tertiarisés, une balle le toucha en plein thorax, entraînant quelques heures plus tard son décès. Très rapidement furent pointés du doigt, d’une part les membres d’un gang ("patota") de l’Union Ferroviaire, des hooligans appelés ici "barrabravas", mais également la police fédérale qui n’aurait rien fait pour empêcher les exactions de ce groupe.

Aujourd’hui sont sur le banc des accusés José Pedraza, alors dirigeant de l’UF, le commissaire de police Lompizano, les « barrabravas » auteurs présumés des tirs, ainsi que des cheminots présents sur les lieux qui auraient empêché une équipe de télévision de filmer lors de l’attaque de la « patota ».

Selon la défense, Pedraza avait un intérêt personnel dans la tertiarisation des emplois (il aurait été lui-même patron d’une entreprise sous-traitante et aurait eu des liens dans une autre).

La défense, au nom du CELS (Centro de estudios legales y sociales), a demandé la perpétuité contre José Pedraza.

Le cas Mariano Ferreyra fait particulièrement froid dans le dos : il prouve la corruption totale, d'une part de la police fédérale et questionne ainsi le rôle du gouvernement Kirchner ; et d’autre part, des très puissants syndicats argentins (leur leader charismatique, dirigeant de la CGT, Hugo Moyano, traînant des scandales sensationnels derrière lui).

 

 Il reste à voir comment la justice argentine tranchera dans ce procès…

En décembre dernier, celle-ci s’était à nouveau fait remarquer, lors du verdict dans l’affaire Marita Veron, une jeune femme enlevée par un réseau de traite des blanches dans la province de Tucuman en 2002.

La défense organisée par la mère de la jeune femme avait réuni en l’espace de 10 ans un monceau de preuves contre des réseaux tout à fait identifiés : les magistrats de Tucuman les ont tous acquittés. Sans commentaire...

07/02/2013

La forêt primaire argentine ne cesse de reculer

30 %. C’est ce qui reste aujourd’hui de la forêt « originelle » en Argentine. Les 30 millions d’hectares de « bosques nativos » qui subsistent peuvent impressionner, mais il y a deux cents ans l’Argentine était encore un vrai poumon vert. Si le cas est moins connu et moins patent que celui du voisin Brésilien, qui déforeste allègrement en Amazonie, la situation de l’Argentine n’en reste pas moins alarmante. Greenpeace vient de faire paraître un rapport sur les forêts primaires qui pointe du doigt les bonnes… et surtout les mauvaises conduites !

 

régions forestières argentines.gif

La loi forestière de 2007

En Argentine, il a fallu attendre fin 2007 pour que soit votée une loi visant à encadrer et limiter les coupes sauvages saignant les forêts. Toutefois, la « ley de Bosques » s’est révélée peu efficace. Greenpeace souligne qu’entre fin 2007 et fin 2012, plus de 1,1 million d’hectares ont été abattus… soit 26 ha/heure pendant 5 ans. L’ONG internationale précise qu’il est impossible de savoir quel pourcentage de cet abattage s’est fait avec des autorisations administratives et quel pourcentage est le fait d’agissements illégaux. Les régions les plus touchées ont été celles de Santiago del Estero, Salta et Formosa.

Le rapport de Greenpeace salue toutefois quelques améliorations notamment dans les provinces du Chaco, de Misiones et San Luis.

Le bilan global de la loi reste malgré tout très négatif. Autre exemple frappant : la loi instaurait via son article 31 la mise en place d’un fonds national pour « l’enrichissement et la conservation » des forêts originelles. Les sommes investies dans ce fonds devaient représentaient au minimum 0,3 % du budget national. Ce financement devait être complété par un prélèvement de 2 % sur les exportations de produits primaires et secondaires provenant de l’agriculture, de l’élevage et du secteur forestier. Or en 2012, sur les 1,9 milliard de pesos qui auraient dû être versés, seuls 267 millions l’ont été !

 



Pourquoi déforeste-t-on en Argentine ?

L’industrie forestière argentine n’est pas la plus coupable… De fait, la déforestation en Argentine s’explique essentiellement par :

-       * La place considérable exigée par la culture du soja, véritable poumon économique depuis 10 ans. De nombreuses voix s’élèvent ainsi contre le remplacement des forêts primaires par du soja OGM… deux visions du monde s’affrontent ici.

-        * Le besoin de terres pour l’élevage est l’une des autres causes majeures de la déforestation.

-        * Enfin, l’industrie minière, avide d’explorations dans les zones de forêts primaires, est la 3e grande responsable de la disparition de la forêt primaire argentine.

 

déforestation, chacoLes conséquences de la déforestation

Outre des conséquences évidentes en matière de biodiversité et d’impact environnemental, la déforestation a un coût humain très important. Les conflits entre industries de l’agroalimentaire ou minières et les peuples originaires ou les communautés paysannes implantés depuis des siècles dans des zones forestières ne cessent de se multiplier.

Greenpeace précise que la déforestation dans des zones traditionnellement habitées ou utilisées par des communautés indigènes ou paysannes contrevient pourtant aux articles 19, 24 et 26 de la « ley de bosques ».

En Patagonie, ce sont notamment les Mapuche qui s’élèvent avec véhémence contre les coupes dévastatrices sur des terres considérées comme ancestrales (et ce des deux côtés de la Cordillère, les Mapuche chiliens étant également très concernés).


Dans le nord de l’Argentine, ce sont les communautés Wichí, Quom y Mocoví, habitant la province du Chaco, qui sont les plus touchées.

Même si l’urgence est manifeste, il semble que les intérêts économiques continuent pour l’heure de prévaloir…

 bosque andio patagonico.jpg