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03/04/2012

2 avril 2012 : il y a 30 ans, la guerre des Malouines

9 de julio.JPG
Voilà près de 6 mois que le sujet des Malouines est constamment présent dans l’agenda de Cristina Kirchner. Et pourtant aujourd’hui, date anniversaire du début de la guerre, à Buenos Aires, c’est le calme plat.

L’avenue 9 de Julio est encore encombrée des gradins et des barrières installées pour la course de Grand Tourisme qui a eu lieu deux jours plus tôt. Des pneux sont amoncelés devant la Casa Rosada. Et les drapeaux qui flottent au-dessus de l’avenue de mai célèbrent juste le retour d'une grande compétition automobilie dans les rues porteñas.


soberania.JPGFinalement, ce sont encore les murs et les journaux qui parlent le plus des îles du Sud-Atlantique. Comme toujours, des affiches réclamant la souveraineté de l’Argentine sur les Malouines sont présentes ici et là. La « perle perdue »fait la Une de tous les quotidiens (mais depuis combien de semaines déjà ?). En passant devant un bar, j’aperçois Cristina sur un écran de télévision, mais la salle est vide. 

 

croix des vétérans.JPGIl n’y a que sur la place de Mai que les Vétérans non-reconnus de la guerre continue de crier injustice. Ils ont installé sur une des pelouses des croix pour leurs compagnons tombés au combat. Quelques passants  viennent discuter avec eux. Mais aujourd’hui les plus nombreux sur la place de mai sont bel et bien les pigeons.

 

 

 

Face à la Casa Rosada, un panneau en anglais vient toutefois rappeler que l’Argentine reste aux abois.

 

message en anglais.JPG

 

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15/03/2012

L’Argentine en voie de vénézuelisation ?

On sait que Cristina Kirchner entretient des liens cordiaux, avec son homologue Hugo Chavez. Au point de s’en inspirer très directement ? Hier, les gouverneurs des provinces du Chubut et de Santa Cruz, kirchnéristes convaincus, ont retiré à l’entreprise espagnole Repsol, 4 exploitations de gisement de pétrole.

Le pétrole, le point sensible de l’Argentine

puits-pétrole.jpgL’Argentine, depuis plusieurs mois, met tout en œuvre pour équilibrer sa balance commerciale. On a déjà parlé ici de l’entrée en vigueur de la Declaracion Jurada Anticipada, mesure protectionniste, qui met les importateurs dans une situation extrêmement délicate, puisque les stocks pour l’heure ne rentrent plus ou au compte-goutte.
Voici que désormais le gouvernement s’attaque à la question de l’énergie. Il est vrai qu’en matière énergétique, l’Argentine est nettement déficitaire. En 2012, les importations énergétiques pourraient s’élever à 9 milliards de dollars.

Dès son investiture en octobre, Cristina avait pointé du doigt la chute de la production et les trop faibles niveaux d’investissement des entreprises pétrolières installées en Argentine. Hier, Repsol/ YPF en a donc fait les frais. Le gouverneur de Santa Cruz, Daniel Peralta, a ainsi affirmé : « Aujourd’hui, nous venons pour dire stop aux politiques qui nous ont conduits au chômage et à l’inégalité sociale, qui ont retiré des ressources aux provinces et aux municipalités. Aujourd’hui, les habitants de Chubut et de Santa Cruz, nous venons dire qu’il faut récupérer la souveraineté en matière d’énergie ». (source : El Pais)

Le lancinant problème d’YPF

YPF (Yacimientos petroliferas fiscales) a été créée en 1922. Cette entreprise publique argentine avait pour objectif l’exploitation des ressources pétrolières du pays. Dans les années 90, sous l’ère Menem marquée par un vaste mouvement de privatisation, YPF fut transformée tout d’abord en Société Anonyme, avant d’être totalement privatisée, à travers la vente à l’espagnol Repsol pour 9 milliards de dollars.

Instalaciones-YPF.jpgPour la majorité des Argentins, YPF devrait retourner dans le giron national. Autant dire que la décision prise hier par les gouverneurs de Chubut et de Santa Cruz est donc extrêmement populaire…

Il reste à savoir comment les 2 provinces comptent opérer pour améliorer les niveaux de production sur les gisements retirés à Repsol.

Quelles sont les ressources naturelles de l’Argentine en matière d’énergie ?

L’Argentine dispose de plusieurs types de ressources naturelles, en matière énergétique :
-    Des gisements de pétrole et de gaz. Les principaux gisements de pétrole argentins exploités aujourd’hui se trouvent dans le Nord-Ouest (NOA), à Cuyo, Neuquen, dans le Golf de san Jorge et en territoire austral.
-    De puissants fleuves : Parana, Uruguay, … capables de produire de l’énergie hydroélectrique,
-    Des régions extrêmement ensoleillées, telles que Cuyo, la Puna, la Cordillère orientale, aptes  fournir de l’énergie solaire,
-    Des zones très venteuses, comme l’immense Patagonie
-    Un littoral avec de fortes amplitudes de marées qui permettraient la mise en œuvre d’énergie marémotrice
-    Et enfin des volcans, qui peuvent être utilisés sous forme d’énergie géothermique

Source

Atucha.jpg

Il est à noter que l'énergie renouvelable ne semble pas une priorité argentine...En revanche, pour lutter contre le déficit énergétique, l’Argentine semble miser sur l’énergie nucléaire. La politique nucléaire de l’Argentine s’est développée à partir des années 50, avec la création de la Commission Nationale de l’Energie Atomique.

Il n’existe à l’heure actuelle que 2 centrales en Argentine : Atucha 1, dans la province de Buenos Aires, et Embalse, dans la province de Cordoba. Un projet Atucha 2 est en cours de construction, mais connaît de nombreux retours dus à des problèmes économiques et à la très ferme protestation de nombreux Argentins qui s’élèvent contre la construction d’une centrale près d’une ville de 14 millions d’habitants.

L'image internationale de l’Argentine bientôt ou déjà ternie ?

La décision des gouverneurs de Chubut et de Santa Cruz est une mesure particulièrement agressive. Repsol/ YPF a d’ailleurs annoncé que tous les moyens légaux seraient envisagés pour que cette annonce ne soit pas suivie des faits.

L’Argentine vit à l’heure actuelle un durcissement sévère de sa politique à l’égard des entreprises étrangères, souvent accusées de tous les maux. S’il est sans doute vrai que certaines ont pu spéculer contre le pays, ou contribuer à une évasion très significative de devises, on peut toutefois se demander si l’attitude très belliqueuse de Kirchner et de ses supporters sera in fine bénéfique au pays.

Dans un contexte déjà très marqué par les constantes déclarations et revendications sur les Malouines (dont il faut rappeler que le pétrole est l’un des enjeux),  il y a fort à parier que l’image internationale de l’Argentine risque de se dégrader de manière sérieuse.

10/02/2012

Malouines, l’Argentine ne désarme pas

Dans un précédent post, nous faisions état du regain de tensions visible dès 2011, entre l’Argentine et le Royaume-Uni, au sujet des Malouines (Falklands). Le sujet n’a depuis cessé d’occuper le devant de la scène.
Après avoir convaincu ses partenaires du Mercosur d’empêcher l’accès de leurs ports aux bateaux battant pavillons « Falklands », l’Argentine chercherait à bloquer l’unique vol qui relie chaque semaine les Malouines au continent. Le vol est opéré par LAN et assure la liaison Punta Arenas (Chili) – Port Stanley (Malouines), en passant par l’espace aérien argentin.

Le « blocus commercial », imposé du fait de l’impossibilité pour les bateaux d’effectuer l’aller-retour entre les îles et la côte atlantique, limite déjà l’approvisionnement pour certaines denrées. Si, de fait, le vol de LAN devenu l’unique accès au continent est désormais coupé, la situation pourrait très rapidement devenir compliquée pour les habitants des Malouines.

blocus économique,malouines,argentine,falklands,militarisation,conflit,hms dauntlessAlors que cette année coïncide avec le 30e anniversaire de la guerre, Cristina Fernandez de Kirchner fait des Malouines un sujet brûlant… et feu de tout bois ! L’annonce concernant le vol de LAN est intervenue suite à l’envoi par la marine anglaise d’un de ses bateaux de guerre les plus modernes, le HMS Dauntless (photo), dans les eaux territoriales des Falklands. La présidente argentine a très fermement condamné la présence de ce navire militaire, ce à quoi le gouvernement Cameron a répondu que le HMS Dauntless était dans l’Atlantique Sud pour 6 semaines, dans le cadre d’exercices prévus depuis des mois. L’arrivée de ce navire, à bord duquel se trouve le Prince William, était en effet connu depuis le dernier trimestre 2011.

Il y a fort à parier que le gouvernement Kirchner va continuer d’intensifier ses prises de position diplomatiques en faveur des Malouines dans les semaines à venir. Le conflit avait été déclenché le  2 avril 1982 ; le 2 avril 2012 pourrait donc être le point d’orgue de la campagne kirchnériste.

 

Et pendant ce temps-là, comment va l’économie argentine ? Protectionnisme et contrôle des devises renforcés, baisse drastique des subventions publiques, inflation permanente…

En savoir plus :
-    Les Malouines souffrent déjà du blocus commercial (La Nación)
-    Londres craint le blocus économique argentin aux Malouines (RPP, Pérou)
-    [CFK] Aux Nations-Unies contre la militarisation des Iles (Pagina 12)

19/12/2011

La CELAC bientôt plus forte que l’UE ?


Le sigle CELAC n’est sans doute pas aussi connu que l’UE… Pourtant se cache derrière une communauté économique dont le pouvoir croît de façon permanente, tiré avant tout par un moteur rugissant : le Brésil. Tandis que l’Union Européenne est fortement ébranlée par la crise internationale, la CELAC peut-elle profiter des faiblesses des puissances occidentales pour renforcer son pouvoir sur la scène internationale et devenir un pôle économique majeur ?

celac.jpgLa CELAC est la communauté des Etats latino-américains et caribéens. Ce groupe a été fondée en février 2010, lors d’une réunion des gouvernants des pays latino-américains, à Playa del Carmen au Mexique. L’objectif principal de la CELAC est d’accélérer l’intégration économique des pays latino-américains et caribéens, mais également de renforcer la coopération politique entre ses différents membres.

CHIFFRE : le commerce interrégional dans la zone CELAC ne représente que 16% des échanges commerciaux des pays de la zone. Autrement, les pays de la CELAC réalisent plus des 4/5e de leur import/ export avec des pays non latino-américains (avant tout avec les Etats-Unis).

Les trois grandes puissances économiques de la CELAC sont le Brésil, le Mexique et l’Argentine ; toutefois sur le terrain politique, d’autres voix se font entendre avec vigueur, c’est notamment le cas de Hugo Chavez (Venezuela) et de Evo Morales (Bolivie).

Le premier sommet de la CELAC s’est tenu les 2 et 3 décembre derniers à Caracas (Venezuela). A l’ordre du jour, un sujet forcément d’actualité : comment la Communauté des Etats latino-américains et caribéens peut-elle affronter la crise économique mondiale ?

En 2010, le taux de croissance moyen sur la zone CELAC était de 4,9%, une performance qui doit faire briller d’envie les yeux européens et nord-américains. Toutefois, si la région résiste bien à la crise économique mondiale, elle doit faire face à une baisse des exportations, et une diminution sensible des flux de capitaux.

C’est pourquoi les gouvernants de la zone ALC ont insisté lors du sommet sur une nécessaire solidarité, permettant de faire front avec plus de poids. Le président colombien, Santos, a pour sa part affirmé : "Ce siècle pourrait être celui de l’Amérique latine si nous jouons bien nos cartes".

Cette opinion a été partagée par Cristina Kirchner pour qui les pays d’Amérique latine ont aujourd’hui « une opportunité historique de [se] convertir en acteurs majeurs du XXIe siècle ».
(Pagina 12, 3 décembre)



  • 1. La CELAC et la crise économique mondiale


Pour certains dirigeants latino-américain, tels qu’Hugo Chavez ou Evo Morales, la crise économique mondiale est le signe patent de l’échec du capitalisme. L’Amérique latine doit ainsi, à leurs yeux, être pionnière dans l’édification d’une nouvelle voie. C’est notamment ce qu’a affirmé le président bolivien : "Il faut asseoir les bases d’un nouveau modèle, le socialisme, le néosocialisme, le “bien vivre”, le socialisme du 21e siècle, peu importe le nom qu’on lui attribue".

Pour pouvoir quoi qu’il en soit affronter la crise, la CELAC compte s’appuyer sur plusieurs dispositifs. Au cours du Sommet de Caracas, les dirigeants des pays latino-américains ont notamment convenu de la mise en place de nouveaux outils au sein de l’UNASUR.

Parmi les mesures à développer pour lutter contre la crise : la création d’un fonds de réserve, la dédollarisation du commerce interrégional, la protection des monnaies victimes d’attaques spéculatives (un sujet qui touche particulièrement le peso argentin).

De plus, le projet de Banco del Sur a été remis à l’ordre du jour. La Banque du Sud est une banque régionale de développement portée sur les fonds baptismaux en 2007, mais jamais mise en œuvre de manière effective. Les pays à l’intiative du projet sont l’Argentine, la Bolivie, le Venezuela et l’Equateur. Si l’Uruguay apportait prochainement son appui financier comme cela a été évoqué à Caracas, la Banque du Sud pourrait enfin devenir réalité.
 
Nota bene : la Banque du Sud se veut une alternative au FMI et à la Banque Interaméricaine de développement (BID), qui représentent pour les pays fondateurs de Banco del Sur, les bras financiers du capitalisme international dans la région.

Enfin, à l’occasion du sommet de la CELAC, Dilma Roussef, présidente du Brésil et Cristina Kirchner ont annoncé la création du Mécanisme d’Intégration Productif (MIP), dont l’objectif est d’approfondir les relations commerciales entre les deux pays. L’ambassadeur argentin au Brésil soulignait ainsi : "Quand le Brésil croît, l’Argentine croît" (Pagina 12, 3 décembre)


  • 2. Les sujets politiques évoqués lors du sommet de la CELAC


Plusieurs sujets sensibles ayant trait à la coopération d’ordre politique ont été également évoqués à Caracas :

-    CFK est revenue sur le sujet des îles Malouines (Malvinas), qu’elle a présentées comme "dernière enclave coloniale du monde". Le conflit diplomatique entre Argentine et Royaume-Uni autour des Malouines/ Falklands ne semble pas prêt de s’achever. Cristina Kirchner est soutenu par la CELAC dans ses revendications. Un incident diplomatique entre Uruguay et Royaume-Uni au sujet des Iles Malouines vient d'ailleurs d'avoir lieu, l'Uruguay refusant que des bateaux de pavillon "Falklands" entrent dans ses ports.

-    La lutte contre le narcotrafic a également tenu le haut de l’affiche, sujet qui tient particulièrement à cœur à Santos, le président colombien.

-    Le très délicat dossier de l’accès de la Bolivie à la mer, dossier porté à bout de bras par Evo Morales, président bolivien, qui compte bien se faire entendre par son homologue chilien, Sebastian Piñera. Pour rappel, la Bolivie a perdu son accès à la mer en 1883, suite à la Guerre du Pacifique qui l’opposa au Chili. Un traité d’amitié de 1904 validait de manière définitive les nouvelles frontières péruviennes et chiliennes. Le Pérou, allié à la Bolivie perdit également une partie de son territoire lors de cette guerre.


Avec la naissance de la CELAC, les pays d’Amérique latine et Caraïbe marquent leur volonté de ne plus dépendre des Etats-Unis, comme c'était le cas au sein de l'Organisation des Etats Américains (OEA). 

Reste à voir si ce nouvel organisme va peu à peu s'imposer sur la scène mondiale ou se transformer en coquille vide.

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Quelques données économiques de la CELAC
population : environ 600 millions d’habitants
taux de croissance du PIB en 2010 : 4,9 %
taux de pauvreté : 32 %



Pour plus d'infos :
> Le monde : L'Amérique latine sans tutelles
> RFI : Naissance de la CELAC
> Un site très complet d’informations (en français) sur les pays de l’UNASUR : http://www.unasur.fr/