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21/08/2014

Bienvenue dans le grand 8 argentin !

Entre “terrorisme économique”, méga-émission de pesos, contrôle strict des prix et tentative de règlement de la dette, l’actualité économique est palpitante, tout autant que préoccupante de ce côté-ci de l’Atlantique !

 

La présidente Cristina Kirchner et son ministre de l'économie Kiciloff font désormais feu de tout bois et s’attaque à de nombreux acteurs économiques pour essayer de sortir l’Argentine de l’impasse… Mais ce faisant, n’est-elle pas juste en train de l’enfoncer un peu plus ? 

Kiciloff ministre de l'économie argentine.jpg
Le ministre de l'économie Axel Kiciloff


Une entreprise américaine accusée de terrorisme économique… avant rétractation gouvernementale

De nombreuses entreprises souffrent déjà sérieusement de la situation économique ; nous avions déjà parlé de la situation de l’industrie automobile dont les ventes ont considérablement diminué, entraînant de nombreuses vagues de chômage technique, mais la semaine dernière c’est une entreprise d’impression graphique qui a fait la Une.

Donnelley, entreprise dont le siège est à Chicago, a fermé le 11 août de manière subite son usine située en banlieue de Buenos Aires.  C’est en effet en se rendant sur le lieu de travail au retour du week-end que les 400 ouvriers ont appris la cessation d’activités. Aussitôt Cristina Kirchner a annoncé que la firme américaine tomberait sous le coup de la loi anti-terroriste, pour avoir créé une « situation de faillite ne correspondant pas à la réalité, pour voler et engendrer de l’angoisse ». La presse a également insisté sur les déclaration s de CFK concernant les liens supposés entre Donelley et les fonds vautours….

Cette décision pour le moins inédite a cependant donné lieu à un revirement de situation une semaine plus tard. Ce mardi en effet le gouvernement ne parlait plus d’acte anti-terroriste mais de faillite frauduleuse. Un peu de mesure ne fait pas de mal… Reste en outre à voir si de fait Donnelley avait un autre choix.

 

Quiebra Donnelley.jpg

 

Et c’est parti pour la planche à billets !

La situation de défaut de l’Argentine a provoqué très rapidement des conséquences monétaires. Le taux de change s’est creusé, le dollar officiel ayant atteint un nouveau record historique de 8,40 pesos (sans parler du dolar blue qui lui frôle les 14 pesos aujourd’hui, tandis que l’euro blue se promène vertigineusement à 17,67 pesos).

La situation de défaut fragilise en effet l’économie argentine, en réduisant de manière significative son accès aux crédits étrangers (du fait du manque de confiance à l’égard du pays).

Or, un autre fait conjoncturel empêche l’Argentine de renflouer ses caisses : les soja-dollars seront en effet cette année plus  faibles que prévu. Et quand on sait que le déficit fiscal du pays ne cesse de se creuser, tous ses facteurs cumulés ne pouvaient rien augurer de bon.

La solution qu’a trouvé le gouvernement pour avoir de l’argent frais est donc de faire marcher la planche à billets, sous prétexte de relancer la consommation et les investissements… mais aussi pour payer les subventions que l’Etat argentin verse assez généreusement.

L’inflation n’est donc pas prête de s’arrêter… et les contrôles sur l’accès aux dollars se sont quant à eux déjà renforcés.

A quand donc la prochaine dévaluation ?

Anecdote : la valeur des billets de 2 pesos se réduisant à peau de chagrin, une page Facebook a été créée pour les transformer en œuvre d’art… Répondant au nom « Los billetes andan diciendo » (les billets nous racontent…), cette page agrège des photos de billets de 2 pesos entièrement recouvert de dessins… et rassemble déjà plus de 260 000 fans !

 

Billet de 2 pesos art.jpg

 

Cristina Kirchner veut promouvoir une nouvelle loi pour mettre fin à la situation de default

La proposition de la présidente pour tenter de contourner la décision de la justice américaine (que l’on trouve ici certes aberrante) va-t-elle pouvoir fonctionner ? Hier, la présidente a présenté un projet de loin visant à déplacer le paiement de la dette argentine. Les bons du trésor argentins ont en effet été émis sous juridiction new-yorkaises pour attirer les investisseurs ; or la décision du juge Griesa bloque actuellement les fonds argentins dédiés au remboursement de la dette auprès des créditeurs ayant accepté la conversion de dette post-2001. CFK souhaite donc que le paiement puisse s’effectuer en Argentine.

 

Cette proposition enfreindrait cependant la loi new-yorkaise et la plupart des commentateurs estiment que les détenteurs de bons n’oseront pas s’aventurer dans cette voie, que d’aucuns considèrent comme illégale. Cette « astuce » argentine est pour le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz une des seules vraies options de sortie de crise ;mais les marchés n’ont pas l’air de l’entendre de cette oreille...

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