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02/11/2013

La loi des médias approuvée

C’est une des infos importantes de la semaine en Argentine. Alors que les élections législatives venaient d’ébranler le pouvoir en place, la « ley de medios » a finalement été approuvée par la Cour suprême de justice, à l’issue de 4 années de lutte acharnée entre le gouvernement et le groupe Clarin.

Ley de Medios Démocratie ©Isabelle Laumonier.JPG



 

La ley de medios, c’est quoi ?

Cette loi vise à encadrer le fonctionnement des médias audiovisuels et radiophoniques en Argentine. Elle a été promulguée en octobre 2009, mais le groupe Clarin ayant fait appel à plusieurs reprises, la loi n’était pas encore appliquée.

L’année dernière pourtant, le gouvernement pensait la victoire atteinte, mais le 7D était resté lettre morte (voir l’infographie sur le monopole Clarin publiée en 2012).

Il aura donc fallu attendre le 29 octobre 2013 pour que la Cour de Justice valide les 4 articles de loi remis en cause par Clarin et affirme ainsi la constitutionnalité de la loi des médias.

L’enjeu pour le gouvernement est de taille : il s’agit de lutter contre la position considérée hégémonique de Clarin sur de nombreux canaux de télévision et de radio. Inutile ici de préciser que Clarin est un groupe de presse farouchement opposé à CFK. 

La « ley de medios » est ainsi présentée comme un facteur contribuant au renforcement de la démocratie.

Les conséquences de la loi des médias

Martin_sabatella_afsca.jpgC’est Martin Sabatella, patron de l’autorité fédérale des services de communication (AFSCA) qui est en charge de l’application de la loi. Concrètement, il va devoir veiller à ce que le groupe Clarin réduise ses licences, afin d’être en conformité avec la loi. Autrement dit, le groupe d’Ernestina Herrera de Noble va devoir « désinvestir », c’est-à-dire se séparer de plusieurs de ses chaînes et radios.

Qu’en dit Clarin ?

On imagine mal Clarin se laisser faire si facilement. Aujourd’hui c’est sous la plume de l’excellent Lanata, qu’on trouve sur clarin.com une chronique piquante sur Sabatella. Lanata revient notamment sur des dépenses somptuaires engagées Sabatella depuis qu’il est à la tête de l’AFSCA (il a été nommé en septembre 2012 par Cristina Kirchner), ainsi que sur les nominations hasardeuses qu’il a faites au sein de l’institution… Ça sent l’abus de biens sociaux et l’absence évidente de partialité.

Pourtant, il faut le rappeler Sabatella, en tant que maire de Moron, avait été reconnu comme l’un des principaux pourfendeurs de la corruption dans son pays (par le Wall Street Journal, par l’ONG « Poder ciudadano »…).

Ce qui est certain, c’est que de fait, le gouvernement lui-même est en situation de monopole sur de nombreux médias. Lanata précise ainsi qu’à Buenos Aires (Capital Federal), « tous les canaux de télévision ouverte, sauf Canal 13, sont sous contrôle direct ou indirect du gouvernement ».


Le monopole Clarin existe bel et bien et les informations qu’il véhicule sont bien sûr très partiales ; la qualité des programmes laisse elle aussi franchement à désirer dans la plupart des cas (vive le lavage de cerveaux… Il suffit de consulter le site web de Clarin aujourd’hui, pour voir la hiérarchie des infos : à un même niveau, on retrouve des accusations de corruption envers Amado Boudou (vice-président), des brèves sur Lou Reed et Julian Weich, et des articles innombrables sur le foot. Clarin est un véritable spécialiste du divertissement…).

Toutefois, le gouvernement est bien loin d’être la victime qu’il prétend être. La manipulation par les médias n’est-elle pas un sport national ?

 

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