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20/01/2015

La mort du procureur Nisman secoue l’Argentine

Hier matin, la nouvelle était sur toutes les lèvres. Alberto Nisman, le procureur qui 5 jours plus tôt venait de mettre en cause Cristina Kirchner dans l’enquête sur l’attentat de l’AMIA, a été retrouvé mort dans son appartement de Puerto Madero. Une mort bien trop « commode » pour être honnête ? Plongeon dans une affaire d’une complexité extrême.

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Retour sur l’attentat de l’AMIA

En 1994, soit deux ans après qu’une voiture bélier ait fait exploser l’ambassade d’Israël à Buenos Aires et causer 29 morts, un nouvel attentat visait la communauté juive argentine. En juillet, un véhicule rempli d’explosifs fonçait dans le bâtiment de l’Association Mutuelle Israélite Argentine (AMIA), provoquant la mort de 86 personnes et faisant plus de 300 blessés. Une très longue et confuse enquête allait alors s’ouvrir, et rapidement c’est l’Iran qui fut pointé du doigt. 8 responsables sont alors dénoncés, allant du responsable du renseignement iranien jusqu’au président iranien de l’époque, en passant par le chef des forces armées.

En 2007, le président Nestor Kirchner avait dénoncé devant les Nations-Unies l’absence de collaboration de l’Iran dans la résolution de cette affaire terroriste.

Il importe de signaler que rapidement d’autres voix firent entendre que ce pourrait être la Syrie et non l’Iran, qui soit responsable de l’attentat. Toutefois la piste syrienne n’a jamais été approfondie par les autorités argentines.

En tout état de cause, les Etats-Unis et Israël sont toujours cités par les spécialistes - Horacio Verbitsky, Juan Salinas, pour ne citer qu’eux-, comme parties prenantes de l’affaire AMIA : les gouvernements de ces deux pays auraient toujours appuyé la thèse de la responsabilité iranienne, aux dépens de la piste syrienne.

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Source photo

 

Alberto Nisman, un procureur passionné par sa cause

Dès 1997, Alberto Nisman est mandaté sur l’affaire AMIA. Pendant plus de 17 ans, il va enquêter sur l’attentat.

En 2006 –c’est ce que révèlent les câbles Wikileaks qui concernent l’Argentine-, il remercie l’ambassade des Etats-Unis pour l’appui de Washington dans la poursuite des responsables iraniens de l’attentat.

Puis, en 2008, il demande la mise en détention de l’ex-président Menem qu’il accuse d’avoir voulu couvrir un ami de sa famille, d’origine syrienne, probablement mêlé à l’affaire.

Nouveau coup de théâtre la semaine dernière : Nisman met en cause CFK, le ministère des Affaires étrangères, ainsi que 3 proches du pouvoir. En se basant sur des écoutes téléphoniques, il accuse le pouvoir exécutif d’avoir à son tour voulu étouffer l’affaire, afin de pouvoir relancer les relations commerciales avec l’Iran (pétrole contre viande et céréales).

Alberto Nisman attentat Amia.jpg

 

Selon Nisman, les services de renseignement argentins (la SIDE) négociaient directement avec l’Iran, afin d’aboutir à un « pacte d’immunité » pour les terroristes, alors même que dans les écoutes obtenues par Nisman, l’Iran se « vanterait » d’avoir réalisé les attentats.

 

La mort d’Alberto Nisman

Dimanche soir, la mère de Nisman se rend à son domicile de Puerto Madero, ne parvenant pas à le joindre depuis plusieurs heures. Lorsqu’elle rentre dans son domicile (fermé à clé de l’intérieur), elle le découvre mort dans sa salle de bain. Aussitôt, c’est le branle-bas de combat.

Assassinat, suicide induit, toutes les hypothèses commencent à circuler. Très vite sur les réseaux sociaux, une grande mobilisation se met en place avec le hashtag #YosoyNisman (je suis Nisman) et appelant une marche le soir même sur la place de mai.

La présidente Cristina Kirchner publie ce même jour à 21h sur son compte Facebook (sic) une lettre dans laquelle elle se demande ce qui a pu pousser cet homme à prendre « la terrible décision de prendre sa propre vie ».

 

 

Les jours qui viennent permettront-ils de faire la lumière sur la mort de Nisman ou celle-ci restera-t-elle aussi "mystérieuse" que les responsabilités dans l'attentat de l'AMIA ? La publication des écoutes de Nisman devrait apporter un éclairage sur les déclarations de la semaine dernière... mais aura-t-elle lieu ?

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