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20/03/2014

Le Fitz Roy, berceau de l’alpinisme de l’extrême

Chaque année, pendant l’été austral, le Sud de la Patagonie argentine attire des milliers de touristes, assoiffés de grands espaces et de montagnes vertigineuses. C’est dans le village d’El Chaltén, capitale autoproclamée du trekking « patagonien », que se retrouve une foule cosmopolite de randonneurs amateurs et d’alpinistes chevronnés. En ligne de mire, une montagne mythique : le Fitz Roy.

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Photo : Isabelle Laumonier

 


Le Fitz Roy : naissance d’un mythe

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Pour les Indiens Tehuelche, habitants originaires de cette zone de la Patagonie, ce géant massif de granit est bien sûr sacré : il l’appelle « Chalten », qui signifie montagne enfumée. Car, c’est un fait, ce sommet aux allures inaccessibles est très souvent nimbé de nuages.

Pour les futurs visiteurs, préparez-vous ! Le climat du sud de la Patagonie n’a rien de clément. Si le soleil peut parfois régner en maître, il est tout aussi, voire beaucoup plus !, fréquent que de violentes rafales de vent viennent battre les flancs de ces montagnes magnifiques, mais hostiles, et que les sommets se cachent derrière d’impénétrables barrières nuageuses. Alors, quand le Fitz Roy surgit, il faut savourer son bonheur !

Ah oui, pourquoi Fitz Roy ? C’est le nom qui a été donné à la montagne par Francisco Moreno (le fameux scientifique/ expert « Perito » Moreno), en hommage à Robert Fitz Roy, commandant du navire anglais HMS Beagle qui dans les années 1830 fit le tour du monde et parcourut notamment les côtes sud de l’Amérique latine (avec à son bord, Charles Darwin).

 

La première ascension : le triomphe de Lionel Terray et Guido Magnone

Pendant très longtemps, le Fitz Roy reste un territoire inconnu de l’homme : trop divin, trop dangereux ! Jusqu’à l’« Expédition française aux Andes de Patagonie », que soutiendra le président argentin Juan Perón.

L’alpinisme français au tournant des années 50 dispose d’une renommée mondiale. En 1950, pour la première fois est en effet conquis un « 8000 », l’Annapurna, vaincu par une expédition notamment composée de Maurice Herzog et Lionel Terray.

Sur cette lancée, Lionel Terray décide de prendre part en 1952 à la conquête de sommets latino-américains. Le Fitz Roy, bien qu’il n’atteigne que 3405 mètres d’altitude, est alors considéré (il l’est toujours !) comme l’un des sommets les plus inaccessibles du monde. Vents, glaces, parois rocheuses effritables… tout semble réuni pour que personne n’atteigne la cime.

L’expédition commence sous de tristes augures, puisque l’alpiniste Jacques Poincenot meurt noyé dans un torrent en crue. Le campement installé à la base du Fitz Roy porte depuis son nom.

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Terray et Magnone, lors de l'ascension du Fitz Roy

Malgré ce tragique accident, l’expédition se poursuit... et le 2 février 1952, soit plus d’un mois après le lancement de l’expédition, parviennent enfin au sommet Lionel Terray et Guido Magnone. Le Fitz Roy est « vaincu ».

 

El Chaltén et le Fitz Roy et aujourd’hui

Bien longtemps, cette montagne mythique ne fut côtoyée de près que par les professionnels de la montagne. Il a fallu en effet attendre 1985 et la création du village d’El Chaltén, pour que le Fitz Roy devienne une destination touristique majeure en Argentine. Quant à la création du village, elle n’avait cependant rien de pacifique… C’est en effet dans un contexte de conflits territoriaux récurrents avec le Chili que l’Argentine décida de fonder une nouvelle ville sur cette terre vierge. Grand bien lui en a fait : les revenus du tourisme à El Chaltén sont considérables.

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Lever de soleil sur El Chaltén et le Fitz Roy

 

Quant au Fitz Roy, il reste pour les alpinistes du monde entier un « Graal », et l’atteindre est un exploit de premier ordre. Ses dangers n’ont jamais cessé, comme en témoigne encore la mort de l’alpiniste américain Chad Kellog, le 14 février 2014, lors de sa descente.

Pour la plupart des touristes toutefois, le Fitz Roy demeure ce géant lointain, qu’on a la chance d’approcher à la Laguna de los 3, et qu’on regarde alors silencieusement.

 

 

 

 copyright photos (hors photo d'archive !) : Isabelle Laumonier

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