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30/09/2013

L’Argentine, invitée d’honneur du prochain Salon du Livre de Paris

 

C’est encore loin, mais en attendant d’y être... découvrez-la !Gabriel Banez_La vierge d Ensenada.jpg

Du 21 au 23 mars 2014, la littérature argentine tiendra le haut du pavé au Salon du Livre de Paris.

A l’occasion du centenaire de Julio Cortazar (la page internet en français qui lui est dédiée sur Wikipédia est très loin d’être à la hauteur de son œuvre !), c’est toute la littérature argentine qui recevra un grand coup de projecteur.

Assez méconnus en France, Borges et Cortazar exceptés, les auteurs argentins sont pourtant légion et les « jeunes » générations font émerger de nouveaux talents ! Martin Kohan, Alan Pauls, Gabriel Bañez (mort en 2009), Elsa Osorio, Leandro Avalos Blacha…

Pour un panorama complet sur les écrivains argentins, consultez le blog http://ecrivainsargentins.viabloga.com/

02/11/2012

Jorge Luis Borges : l’âme littéraire de Buenos Aires

** Aujourd'hui, Les Chroniques de Buenos Aires laissent la plume à Gérard Provost, qui nous propose un portrait de Jorge Luis Borges, figure incontournable de la littérature argentine. **


Buenos Aires est intimement liée à Borges comme Lisbonne l'est à Pessoa ou Kafka à Prague, fusion passionnelle entre un écrivain et sa ville.

 

Une passion : les livres

Borges Bibliothèque.jpg

Né en 1899, Borges est un descendant de Juan de Garay qui fonda Buenos Aires en 1580. Il fut profondément marqué par la culture anglaise de son père et considérait que l'élément majeur de sa vie fut justement la bibliothèque de celui-ci : « Je pense que je n'en suis jamais sorti ». Ironie du destin, lorsqu’à la cinquantaine il devint aveugle, il fut nommé responsable de la Bibliothèque Nationale de Buenos Aires (après avoir été humilié par la junte militaire qui en avait fait un « inspecteur des lapins et volailles ») : « 900 000 livres et pas d'yeux » dira-t-il.

De sa cécité il fera cependant un bienfait, un moyen de voir en dedans et au-delà, une façon d'enrichir sa clairvoyance et sa sagesse. « Les pas que fait un homme de sa naissance à sa mort dessinent dans le temps une figure inconcevable » écrira-t-il (Sartre évoquera aussi cette même idée : « L’homme surgit dans l’Univers et y dessine sa propre figure »).

 


Une écriture marquée par la ville natale

Borges a défini une écriture proprement porteña, éloignée de la littérature européenne. De ses années passées en France, Suisse, et Espagne, de 1914 à 1921, il prétendra d’ailleurs qu’elles n’étaient que des illusions.

Jorge Luis Borges.jpg

Son amour pour sa ville est une constante dans ses écrits. Ses poèmes jaillissent au cours de ses longues promenades à Palermo, épicentre de ses sensations. Jeux d'ombres et de lumières sur fond de couleurs, frontières entre son quartier, sa ville, les faubourgs et l'énigmatique Pampa.

« A cette heure où la lumière a une finesse de sable, je me trouvais dans une rue ignorée... Des couleurs tendres comme le ciel qui émouvait le fond... »

« Buenos Aires est plus qu'une ville, c'est un pays à soi seul » où vit le personnage emblématique du compadrito (équivalent urbain du gaucho), toujours en duel dans le tango et le combat à l'arme blanche : « Le voilà mort, les souvenirs vont s'estomper, voici la fin des vieux quartiers de Palermo, des terrains vagues et du couteau »…

Borges, bien que profondément argentin, n’hésitait toutefois pas à livrer une vision lucide de ses compatriotes : « L'Etat est impersonnel, l'Argentin ne conçoit des rapports que personnels, c'est pourquoi à ses yeux, voler les deniers publics n'est pas un crime ».

 

Borges, l’homme et sa postérité

On sait peu de choses de sa vie sentimentale. Après avoir passé de très longues années avec sa mère, Borges se maria à l’âge de 68 ans avec Elsa Astete dont il se sépara en 1970. Cinq ans plus tard, il rencontra Maria Kodoma de trente ans sa cadette, qui devint rapidement sa complice intellectuelle. Il l’épousa en 1986, l’année de sa mort.

La tombe de Borges, de manière paradoxale, n'est pas à Buenos Aires, mais au cimetière de Plain-Palais à Genève où il est décédé. Très malade il semble qu’il soit retourné à Genève sur l’insistance de Maria Kodoma, c’est en tous cas ce qu’affirma Adolfo Bioy Casarès, son plus proche ami. La pierre tombale fut conçue par son épouse, « la veuve intraitable », et fait référence au récit "Ulrica", extrait du « Livre de sable ».

 Tombe de Borges.JPG

 

 

 

 
Photo : Christian Lasseur

 

Deux ans après le décès de Borges, Maria Kodoma, légataire universelle, créa la Fondation Borges, dont l’objectif est de diffuser  son œuvre et d’encourager la création littéraire en attribuant chaque année le prix international Jorge Luis Borges.

 

Une chose est sûre, l’amour absolu de Jorge Luis Borges fut bien son quartier de Palermo et sa cité, Buenos Aires « la ville au fleuve immobile » : « J'ai senti Buenos Aires, cette ville que j'ai cru mon passé et mon avenir, mon présent, toujours j'étais et je serai à Buenos Aires ».

07/09/2012

Jacinto Chiclana : un tango de haute-volée pour clore la semaine

Attention ! Trois grands noms argentins réunis autour d'un tango, cela ne pouvait donner qu'une pépite.

Le texte est de Borges, la musique de Piazzola; au chant sévit Edmundo Rivero, et cerise sur le gâteau le montage vidéo à partir d'illustrations inspirées par le tango, est particulièrement réussi.

Découvrez sans plus tarder les accents mélancoliques de la "Milonga para Jacinto Chiclana"

 

Me acuerdo, fue en Balvanera,
en una noche lejana,
que alguien dejó caer el nombre
de un tal Jacinto Chiclana.
Algo se dijo también
de una esquina y un cuchillo.
Los años no dejan ver
el entrevero y el brillo.

¡Quién sabe por qué razón
me anda buscando ese nombre!
Me gustaría saber
cómo habrá sido aquel hombre.
Alto lo veo y cabal,
con el alma comedida;
capaz de no alzar la voz
y de jugarse la vida.

(Recitado)
Nadie con paso más firme
habrá pisado la tierra.
Nadie habrá habido como él
en el amor y en la guerra.
Sobre la huerta y el patio
las torres de Balvanera
y aquella muerte casual
en una esquina cualquiera.

Sólo Dios puede saber
la laya fiel de aquel hombre.
Señores, yo estoy cantando
lo que se cifra en el nombre.
Siempre el coraje es mejor.
La esperanza nunca es vana.
Vaya, pues, esta milonga
para Jacinto Chiclana.

 

Jorge Luis Borges